Le monarque et l'asclépiade dans nos jardins

Le monarque (Danaus plexippus)

Le monarque (Danaus plexippus)

C’est le printemps, on en douterait, mais les monarques, eux, n’ont aucun doute et ils arrivent.

Ces papillons migrateurs quittent le Mexique où la majorité d’entre eux hivernent, entre autre,  à la réserve des papillons monarques dans l’état du Michoacan et ils entreprennent un long périple de plus de 4,500 kilomètres.   Périple qu’ils feront en plusieurs étapes contrairement au retour qu’ils feront d’une seule traite.

Le monarque ne voyage pas seul.  En groupe de milliers d’individus, il s’élance dans le ciel et, beau temps, mauvais temps, il vole afin de rejoindre nos vertes prairies.

Ce magnifique et étonnant papillon se repère grâce au soleil mais aussi à un compas magnétique interne pour retrouver son chemin, prenant comme point de repère l’inclinaison du champ magnétique terrestre. 

Envol de monaques dans le Michoacan, Mexique

Envol de monaques dans le Michoacan, Mexique

Le monarque a été l’objet de nombreuses études quant à sa capacité à retrouver son chemin, mais ce qui retient le plus notre attention, c’est l’inquiétude quant à sa survie.

En effet, la perte de son habitat naturel, le réchauffement climatique et l’éradication par les pesticides de l’asclépiade, nourriture principale de la chenille du papillon, font que  cette espèce est menacée de disparition.

Le Mexique, en 2014, s’est vu confié le mandat de formuler des recommandations pour la conservation du monarque.  Un rapport devait être remis dans le cadre d’une rencontre au Canada des chefs d’état du Mexique,  des États-Unis et du Canada.

 (Source site WWF-Canada)

Quant est-il aujourd’hui?   Selon l’Agence Science Presse, au 31 janvier dernier, les nouvelles étaient bonnes.  En effet, on a pu constater au Mexique, à leur point de départ et d’arrivée, un nombre record de papillons en dormance en décembre et janvier.

Le monarque n’est cependant pas tiré d’affaire pour autant.  C’est pourquoi la fondation David Suzuki nous invite, encore cette année, à semer tout au long du parcours du monarque des plantes et des fleurs assurant la survie de ce papillon dans toutes les étapes de son périple.

Asclépiade (Asclepias syriaca)

Asclépiade (Asclepias syriaca)

L’asclépiade

Principale source de nourriture pour la chenille du monarque, l’asclépiade aussi appelée petit cochon, a longtemps été considérée comme de la mauvaise herbe.  Mais son rôle essentiel dans la survie du monarque  devrait lui donner ses lettres de noblesse.

Le papillon femelle pond ses œufs (de 300 à 400) et attache un ou plusieurs œufs sous les feuilles de l’asclépiade permettant ainsi à la chenille de se nourrir aussitôt sortit de l’œuf.  Plus tard, le papillon se nourrira de nectar de fleurs de différentes espèces.

Chenille du monarque

Chenille du monarque

Comment se porte l’asclépiade au Québec?   Assez mal merci!

L’emploi de pesticides en agriculture est en voie de l’éradiquer.  Bien que le nectar de cette plante attire plusieurs insectes et animaux polinisateurs on continue à la considérer comme mauvaise herbe.

Fibre végétale de l’asclépiade

Fibre végétale de l’asclépiade

Cependant, devant la menace d’extinction du monarque, plusieurs campagnes de sensibilisation invitent la population à planter l’asclépiade afin d’attirer ce magnifique papillon.

De plus, l’asclépiade a d’autres propriétés, comme sa fibre végétale qui peut servir d’isolant thermique.  Cet isolant est très léger et hydrophobe et c’est un excellent absorbant pour l’huile (https://journalletour.com/vertus-asclepiade-robert-piche/).

Enfin, il y longtemps que ce magnifique papillon qu’est le monarque s’est invité dans nos jardins.  Il y trouve de l’asclépiade mais aussi d’autres plantes nectarifères pour son plus grand plaisirs et celui de nos visiteurs.

Asclépiade dans notre jardin féérique (Asclépias tuberosa)

Asclépiade dans notre jardin féérique (Asclépias tuberosa)




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