À Mirabel, un projet unique au Québec

2017 - Texte de Lucilia Albernaz, suite au reportage de madame Magalie Lapointe dans le Journal de Montréal le 23 juillet 2017

À Mirabel, un projet unique au Québec, exemplaire, inspirant, moderne.

Une destination reconnue par les instances touristiques et gagnante de plusieurs prix,  un incontournable lors de  vos sorties en famille.

RGA a gagné le prix québécois du tourisme (Laurentides) en 2012, 2013 et 2014, entre autres prix.

RGA a gagné le prix québécois du tourisme (Laurentides) en 2012, 2013 et 2014, entre autres prix.

En tout premier lieu : 

Nous aimerions vous remercier  pour tous les encouragements et les critiques positives que nous avons reçus.  Ceci démontre que les membres de Route des Gerbes d’Angelica ont  fait un bon choix, soit celui de créer leur propre avenir.

La génération « baby boomer » est une génération qui a marqué le changement d’un siècle.  Nous avons été confrontés à apprendre rapidement,  en passant par la télévision, l’ordinateur et  le téléphone cellulaire.  Nous avons dû tout apprendre en peu de temps.

Ceci a fait de notre génération,  une génération de travaillants, une génération où l’emploi et la réussite étaient les seuls mots que nous connaissions.  Mais  pour réussir,  notre génération « baby boomer » a dû sacrifier sa liberté  et  aussi,  dans plusieurs cas, sa  propre famille, au profit de toujours gagner plus  et de la protéger plus.

Notre génération avance en âge.  Nous sommes donc  à l’apogée de notre propre génération.  Riches de connaissances, de biens,  et n’ayant pas beaucoup d’exemples de liberté,  nous devons démontrer les possibilités et la connaissance à notre génération future.

Seulement, notre génération a eu une empreinte marquante sur notre siècle, celle d’une gestion non équilibrée de la richesse, de l’équité, des responsabilités de gestion écoresponsable de l’environnement et de la gouvernance.

Le poids de toutes ces responsabilités nous a fait mûrir beaucoup plus rapidement que d’autres générations.  Donc, le questionnement est encore plus grand, est encore plus déchirant, est encore plus questionnant de notre propre futur.

Plusieurs d’entre nous,  approchant de leur retraite,  sont à leurs  propres peurs.   Que vais-je laisser comme empreinte de ma propre diversité au futur?    Nous avons décidé d’y laisser l’espoir, la détermination et l’arrogance de notre génération.

Nicole, une des membres, travaille dans les jardins.

Nicole, une des membres, travaille dans les jardins.

Réjeanne, une autre membre, dans la roseraie.

Réjeanne, une autre membre, dans la roseraie.

Francine et Thérèse dans la cuisine de transformation

Francine et Thérèse dans la cuisine de transformation

Yolande qui travaille dans le bistro

Yolande qui travaille dans le bistro

Pour bâtir notre projet, nous étions plus jeunes, non pas plus éveillés, mais étant dans des milieux professionnels, nous étions plus critiques de nos propres gestes et projets.  Donc, il a été plus facile de bâtir une charte qui convenait à notre propre présent et avenir.

Si nous  avions pris  cette décision maintenant, cette charte serait bien différente, car nous sommes  maintenant rendus à un âge où nous sommes plus émotifs.   N’est-ce pas la qualité première d’une génération vieillissante?

Nous sommes des précurseurs car nous bâtissons ce qui n’existe pas, mais que veut dire l’expression « n’existe pas »?   Cette expression dit bien qu’il n’y a aucune existence et mouvement.   C’est complètement faux, lorsque le premier « boomer » de sa génération est né,  l’existence existait.

Nous n’avons rien inventé dans ce projet,  mais simplement appliqué la connaissance de ce  mode de vie.  Nous l’avons modifié, structuré, équilibré à notre réalité  actuelle.  Donc, l’existence même de ce mouvement ne peut avoir de comparable.   Elle peut être améliorée, elle peut être critiquée, mais elle sera toujours vivante jusqu’à l’extinction totale de la génération  « baby boomer ».

Suite au reportage de madame Magalie Lapointe, journaliste au Journal de Montréal,  si vous voulez plus de renseignements sur nous,  voici la procédure que nous avons suivie  pour créer Route des Gerbes d’Angelica.

 Route des Gerbes d’Angelica est un organisme sans but lucratif composé de 20 membres,  qui ont décidé de construire leur propre lieu de vie pour diverses motivations.  Nos âges variant entre 55 et 85 ans, nous avons démontré  que le bel âge ne doit plus être considéré comme étant celui de la sénilité et de l’incapacité à faire.

La cohabitation représente une réponse novatrice aux défis sociaux, économiques et environnementaux actuels.  Ceci respecte les principes de développement durable tout en s’adaptant aux caractéristiques actuelles de la vie.

Ce mode de vie se veut une alternative  à l’isolement  grandissant dans nos sociétés.  Beaucoup  se laissent tenter par la perspective d’appartenir à un réseau.   Il n’y a qu’à regarder les réseaux sociaux (virtuels, tel Facebook).   Y être inscrit, c’est  déjà faire partie d’une communauté. 

Ce serait agréable que, dans la société, il y ait plus de choses qui se passent dans cette dynamique et qu’on laisse l’individualisme et l’appât du gain de côté.

Suite à des voyages, nous avons découvert la cohabitation et l’éco-village, ainsi que des organismes à but non lucratif qui ont été à la base de nos réflexions.  L’idée de cohabitation, bien que  très séduisante, est  un mode de vie très différent.  Il faut s’entourer de personnes qui partagent les mêmes valeurs.

La maison que plusieurs membres partagent facilite le vivre-ensemble, la rencontre et l’entraide.  On a tous besoin de notre bulle et n’avons aucune crainte quant à l’intimité, ayant chacun nos espaces personnels.  Même si nous vivons en cohabitation, cela ne veut pas dire que les gens sont envahissants, et c’est riche en expériences et en apprentissage.  D’un point de vue de l’organisation des espaces, bien que l’esprit communautaire soit privilégié, chacun garde son indépendance financière et personnelle. 

Les éléments collectifs sont conçus pour faciliter la vie quotidienne. 

Une partie du groupe de Route des Gerbes d’Angelica

Une partie du groupe de Route des Gerbes d’Angelica

Tout le projet s’autofinance, et tous les profits sont réinvestis dans les infrastructures et les développements à venir de l’entreprise. Un tel projet collectif nécessite l’implication des membres.   Les règles de gouvernance ont aussi leur particularité.   Le principe de majorité, tel que nous le connaissons, n’a pas été retenu.  ‘Fonctionner avec la majorité, c’est de fait, exclure la minorité.’   Nous avons opté pour le consentement, la sociocratie, qui répond à nos besoins.  Ainsi les décisions à prendre ne feront pas l’objet d’un vote, mais plutôt de discussions, de compromis et les problèmes doivent avoir une solution consensuelle.  Les décisions sont prises en commun lors des réunions.  Tout est décidé par consensus, ce qui représente l’avantage de créer dès le départ, un groupe soudé et fonctionnant sur le même mode de consensus.

Ce système de cohabitation  n’est pas nécessairement  fait pour tout le monde bien qu’il  suscite  la curiosité de plusieurs. Il peut laisser une impression de vase clos,  de gens qui se retirent d’un système établi pour vivre ensemble en suivant un canevas sociétal propre à l’organisme.

Nous prenons les mesures nécessaires afin que notre cercle reste ouvert.   Non seulement nous sommes ouverts, mais nous pensons  influencer  les générations présentes et à venir.

La future génération dans les jardins

La future génération dans les jardins

Nous sommes conscients qu’on fera le rapprochement entre notre mode de vie et les utopies, nous ne pouvons le nier.  Toutefois, au fur et à mesure que nos connaissances se développent en matière sociale et humanitaire, les utopies ne deviennent-elles pas des débuts de réponse?

 Les étapes pour la mise en place du projet 

Étape 1 :

·        Réunir les personnes intéressées

·        Établir un groupe organisateur

·        Se voter un Conseil d’administration et un directeur général.

·        Se mettre d’accord sur les objectifs, le lieu et les attentes au niveau financier

·        Définir les structures organisationnelles et les processus de prise de décision qui seront en vigueur

·        Rédiger un brouillon des accords légaux :

Charte qui nous permet d’enlever les irritants et les nœuds du présent.

Charte  du futur, qui permet au dernier des survivants de léguer et transmettre l’organisme aux générations futures ayant les mêmes objectifs.

Choisir un notaire et/ou un avocat afin de légaliser ces chartes.

Étape 2 :

·        Préparer le plan de marketing

·        Spécifier but et priorité

·        Choisir les professionnels (avocat, notaire, consultant financier, banque, architecte s’il y a lieu).

·        Identifier des lieux potentiels et choisir

·        Stratégies de développement :   prendre en compte les règlements municipaux, des gouvernements fédéral et provincial, vérifier les règlementations avant l’achat d’une terre agricole en s’informant  auprès de l’UPA local et de la CPTAQ

·        Se renseigner sur les différentes subventions municipales, provinciales et fédérales.

·        Décider des arrangements légaux

·        Acquérir un site

·        Établir les délais  

Plan des jardins

Plan des jardins

 

Documents de design et construction

·        Développer un schéma du design souhaité pour le projet

·        Finaliser les choix concernant le design du projet

·        Obtenir les permis de construction s’il y a lieu

·        Sécuriser le financement

·        Finaliser les plans du projet  et les spécifications de celui-ci

·        Solliciter et négocier les prix des travaux

·        Sélectionner les différents corps de métier

·        Finaliser le contrat de construction, les prêts et le planning

Au plaisir de vous accueillir dans nos quatorze (14)  jardins thématiques, nos potagers, nos activités : la course aux énigmes de Pâques, nos  200 000 lumières de Noël et notre nouveau camion cuisine de rue « Food Truck ».

Nous pourrons également échanger davantage sur notre passion devenue réalité.

 

Lucilia Albernaz,  directrice générale

France Laliberté